Energie et Environnement
Q : Pourquoi dit-on que la consommation
d’énergie augmente l’effet de serre ?
R : L’atmosphère contient des gaz
retenant la chaleur sur la Terre, appelés « gaz à effet de serre
» : vapeur d’eau, gaz carbonique (CO2), méthane,
etc. Les activités humaines n’ont pas un impact direct sur la
quantité de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère, mais entraînent
une émission de CO2 importante. La combustion de la
matière organique (biomasse, déchets de la biomasse, énergie fossile)
libère du CO2. C’est un problème spécifique, de nature
globale (diffusion dans l’atmosphère des gaz à effet de serre)
auquel le protocole de Kyoto tente d’apporter une réponse.
L’utilisation de la biomasse (arbres, plantes,
animaux, micro-organismes, déchets organiques) comme source d’énergie
n’augmente pas la quantité de CO2 dans l’atmosphère
car, sur une centaine d’années, la quantité de CO2
produite ne dépasse pas celle qui est absorbée dans le même temps
par les plantes et les océans. En revanche, la consommation massive
d’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz naturel) a libéré en
quelques années du CO2 accumulé durant plusieurs millénaires.
Cette utilisation a ainsi introduit un excès de CO2
qui n’a pas encore trouvé sa place dans le cycle de la matière
organique et a contribué à l’augmentation de l’effet de serre.
Q : Que sont les écotaxes ?
R : Les écotaxes sont des mesures
fiscales ayant pour objectif de maintenir à un niveau acceptable
un usage affectant l’environnement. Jusqu’à un certain seuil,
la pollution est tolérée, à partir d’un second seuil, elle est
interdite. Entre ces deux seuils fixés par les pouvoirs publics
l’activité polluante donne lieu au paiement d’une écotaxe par
le responsable (personne, entreprise). L’écotaxe a un effet si
son montant dépasse le coût des mesures à prendre pour limiter
les émissions polluantes.
L’Europe s’appuie souvent sur les écotaxes
pour modifier les comportements affectant l’environnement. Une
directive européenne généralise le recours aux écotaxes pour les
produits énergétiques et l’électricité. Elle impose un niveau
minimal de taxation. Elle prévoit cependant des exonérations ou
réductions de niveau de taxation, par exemple pour préserver la
compétitivité de certains secteurs économiques européens (transport
maritime ou aérien par exemple).
En France, la taxe générale sur les activités
polluantes (TGAP) a été étendue à la consommation d’énergie par
les entreprises afin de les inciter à réduire l’émission de CO2.
La TGAP sur l’énergie ne concerne que les très gros consommateurs
(environ 1 % des entreprises).
Q : Que sont les systèmes d’échange
de quotas d’émissions ou permis négociables d’émission ?
R : Les systèmes d’échange de quotas
d’émission (ou permis négociables d’émission) sont un outil de
régulation des émissions de substances nuisibles pour l’environnement.
Les pouvoirs publics responsables d’une zone géographique fixent
le volume total d’émission maximal pour certaines substances et
en attribuent une part à chaque exploitant d’une installation.
Un exploitant qui émet moins que permis revend la part d’émission
qu’il n’a pas utilisé à un exploitant qui émet plus. Le coût de
la transaction suit la loi de l’offre et de la demande. En général,
les exploitants améliorent leurs installations lorsque la vente
des permis d’émission contrebalance les investissements.
A la fin des années 1970, le système a été
utilisé avec succès aux Etats-Unis pour réduire la pollution de
l’air par l’oxyde de soufre émis par les centrales thermiques.
Une quantité maximale d’émission d’oxyde de soufre était définie
à l’échelon national, puis répartie entre les centrales. La quantité
autorisée baissait au fil des années. Le système était complété
par un contrôle strict des émissions pour s’assurer du respect
des engagements de chacun.
L’objectif du Protocole de Kyoto est de mettre
en place d’ici 2008 un système équivalent pour les émissions mondiales
de CO2. Le problème est compliqué par l’absence d’une
autorité internationale suffisamment forte pour sanctionner les
défaillances et par la difficulté d’organiser mondialement les
échanges.
Dans le cadre du Protocole de Kyoto, l’Europe
s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre
de 8 % par rapport au niveau de 1990. L’objectif devra être
atteint entre 2008 et 2012. Un système d’échange de quotas d’émission
est mis en place. Il prévoit un dispositif de contrôle et des
sanctions.
Q : Quels sont les déchets produits
par les différentes sources d’énergie ?
R : La consommation d’énergies
fossiles augmente la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
La pollution est mesurée habituellement en tonne de carbone émise
pour une consommation d’énergie équivalente à une tonne de pétrole
brut (1 tonne de carbone/tep ou tC/tep équivaut à 3,7 tonnes de
CO2/tep). Le plus polluant est le charbon (1,1 à 1,2
tC/tep) suivi du pétrole (0,8 à 0,9 tC/tep) et du gaz naturel
(0,6 à 0,7 tC/tep).
Les énergies fossiles produisent d’autres gaz
polluants (dérivés du soufre et de l’azote) éliminés plus ou moins
efficacement au moment de leur émission. L’amortissement des coûts
de purification est plus facile dans les grandes installations.
Les centrales thermiques sont la première source de pollution
pour les gaz dérivés du soufre et les transports routiers pour
les gaz dérivés de l’azote.
Les centrales thermiques produisent des cendres,
ainsi que du mâchefer dans le cas des incinérateurs de déchets
ménagers (environ trois millions de tonnes par an en France).
La quantité de cendres et de mâchefer dépend de plusieurs paramètres,
dont la composition du combustible et l’efficacité du système
de dépollution des fumées. Les cendres sont enfouies dans des
décharges. Près de 70 % du mâchefer est utilisé pour les
travaux publics.
En France les centrales nucléaires produisent
chaque année 50 000 tonnes de déchets radioactifs (20 000 m3).
90 % sont faiblement radioactifs et ont une durée de vie
inférieure à 30 ans et 9,5 % sont moyennement radioactifs
avec une longue durée de vie. Les problèmes majeurs viennent des
0,5 % qui resteront très fortement radioactifs pendant des
dizaines de milliers d’années. Ils sont conditionnés sous forme
vitrifiée (200 m3 par an). Pour mémoire, les hôpitaux
et l’industrie produisent chaque année 5 000 tonnes de déchets
radioactifs ayant une durée de vie inférieure à 30 ans.
Q : Que faire du combustible nucléaire
usé ?
R : Le combustible nucléaire usé
ne peut pas être stocké en surface dans des blocs de béton comme
on le fait pour les déchets radioactifs à faible durée de vie.
D’abord, il restera très fortement radioactif pendant des milliers
d’années. Ensuite, l’uranium s’est transformé en partie en plutonium
qui peut être utilisé à son tour comme source d’énergie. En France
le combustible nucléaire usé est retraité pour en extraire le
plutonium et pour réduire le plus possible le volume des déchets
les plus radioactifs. Ces derniers sont vitrifiés, c’est-à-dire
qu’ils sont incorporés à du verre puis coulés dans des conteneurs
en acier qui sont entreposés à La Hague.
Des solutions techniques pour la gestion des
déchets à longue durée de vie doivent être présentées au Parlement
en 2006 (loi de 1991). Le problème est de stocker les déchets
de façon à ne faire courir aucun risque tout en les laissant facilement
accessible pour le jour où les progrès techniques permettront
d’exploiter l’énergie qu’ils contiennent. Les recherches ont porté
sur le retraitement, l’entreposage réversible en surface ou à
faible profondeur et le stockage (réversible ou non) en profondeur.
Les travaux sur le retraitement ont pour objectif
de concentrer la radioactivité dans le plus petit volume possible
et de diminuer la durée de vie des déchets en transformant (transmutant)
certains d’entre eux en éléments radioactifs à vie courte.
L’entreposage exploite le fait que les rayonnements
produits par les éléments radioactifs sont arrêtés par quelques
mètres de matière (eau, béton, sol…). Les déchets vitrifiés doivent
refroidir plusieurs dizaines d’années avant de pouvoir être stockés
en profondeur. Par contre, il ne devrait pas y avoir de problème
de place ensuite.
Pour mémoire, Gaz de France stocke 11 milliards
de m3 de gaz en profondeur, dans des zones étanches
du sous-sol.
Q : Comment est garanti le bon
fonctionnement des centrales nucléaires ?
R : En Europe et aux Etats-Unis,
le bon fonctionnement des centrales nucléaires repose sur des
organisations administratives différentes mais fondées toutes
deux sur l’indépendance entre l’entité de sûreté et les exploitants.
Une collaboration internationale active entre les autorités de
sûreté des différents pays exploitant des centrales nucléaires
permet de développer des échanges de bonnes pratiques. Elle contribue
à l’élaboration des réglementations de sûreté dans les pays qui
désirent accéder au nucléaire à des fins pacifiques.
En France, la sûreté des centrales nucléaires
est assurée par un dispositif comprenant une autorité de sûreté
nucléaire : la DGSNR (Direction générale de la sûreté nucléaire
et de la radioprotection). Les exploitants sont responsables de
la sûreté des installations (EDF pour les centrales électriques,
le Commissariat à l’énergie atomique pour les réacteurs nucléaires
utilisés à des fins de recherche). La DGSNR est responsable de
l’élaboration des règlements et peut procéder à des inspections
dans les installations. Elle bénéficie de l’appui technique de
l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, organisme
public dédié).
En complément, des mesures sont prévues pour
corriger les incidents de fonctionnement et en limiter les conséquences
pour les personnes et l’environnement. Les incidents font systématiquement
l’objet de déclarations à l’attention du public. Leur gravité
est classée selon une échelle standard internationale (échelle
INES) comme celle des séismes l’est selon l’échelle de Richter.
Q : Les performances des centrales
à charbon peuvent-elles être améliorées ?
R : Les travaux en cours laissent
espérer que les nouvelles centrales émettront deux fois moins
de gaz carbonique (CO2) que les centrales actuelles
n’en produisent en moyenne dans le monde et moins de gaz polluants
(soufre, etc.). Grâce à un traitement efficace des fumées, les
centrales modernes devraient également pouvoir utiliser des charbons
de mauvaise qualité (riches en soufre, produisant beaucoup de
cendres, etc.) tout en conservant d’excellentes performances.
Q : Quels sont les problèmes engendrés
par les barrages hydrauliques ?
R : Les barrages hydrauliques répondent
à plusieurs objectifs, dont la régulation des cours d’eau et la
lutte contre les inondations. Ils peuvent tous être utilisés pour
produire de l’électricité. Les petits barrages, en dehors de la
phase de construction, ont un impact modeste et localisé sur l’environnement.
La plupart des problèmes (impact sur les poissons, conflits avec
les autres utilisateurs de l’eau, etc.) peuvent être résolus en
prenant quelques mesures simples, comme le défrichage du réservoir
avant l’inondation pour éviter le pourrissement des végétaux.
En revanche, la construction d’un très grand
barrage est un chantier gigantesque qui modifie en profondeur
l’environnement et la vie locale (déplacement de population, etc.).
Les impacts ultérieurs dépendent énormément du site et du modèle
de barrage. La plus mauvaise situation est celle où la zone inondée
par le barrage est immense et peu profonde.
Q : Quels sont les problèmes engendrés
par les éoliennes ?
R : Les inconvénients des éoliennes
tiennent :
- A la surface occupée au sol. Dans le cas
d’installations terrestres, il faut éloigner les éoliennes de
plusieurs centaines de mètres des habitations et prévoir une surface
de cinq hectares par éolienne. Un champ d’éoliennes capable de
produire un milliard de kWh par an occuperait une surface de 65
km2 alors qu’une centrale thermique ou une centrale nucléaire
de puissance équivalente occupent moins de 1 km2.
- Au bruit.
- A l’esthétique. Il faut tenir compte de l’impact
sur le paysage de champs d’éoliennes comportant plusieurs dizaines
de machines de près de 100 mètres de hauteur.
- Au danger pour les oiseaux. Les éoliennes
modernes tournent lentement et ne semblent pas particulièrement
dangereuses pour les oiseaux pour peu qu’elles ne soient pas installées
sur le trajet des migrations.
- Aux interférences électromagnétiques (radio,
télévision, téléphone portable, etc.).