Gestion des déchets organiques
et des boues : un choix local
La notion de
déchet est subjective. Un déchet est un résidu que les hommes
jugent inutile dans un contexte donné. Les déchets organiques
sont des éléments du cycle de la vie.
La diversification
des techniques de traitement des déchets amène à des choix parfois
complexes. Chaque mode de traitement présente des avantages et
des inconvénients et il n’existe pas de panacée. Il faut déterminer
le mode de traitement le plus adapté au contexte socio-économique
local.
L’acceptabilité
sociale des installations de traitement des déchets est médiocre.
Leur proximité est considérée comme une atteinte importante à
la qualité de la vie. L’accumulation de déchets provoque des inquiétudes
pour la santé ou l’environnement.
La valorisation
des déchets, lorsqu’elle est possible, permet d’en retirer des
produits utiles ou de l’énergie. Les méthodes de valorisation
tendent à être considérées comme des processus industriels, soumises
à des normes de plus en plus rigoureuses qui, dès lors qu’elles
seront respectées, devraient contribuer à dépassionner le débat
social autour de la question des déchets.
Les
déchets dans le cycle de la vie
Q :
Qu’est-ce que la matière vivante ?
R :
Les êtres vivants (l’homme, les animaux, les végétaux, les microorganismes)
sont constitués principalement d’eau et de molécules organiques.
Les molécules organiques sont composées d’atomes de carbone associés
à des atomes d’hydrogène, d’oxygène ou d’azote. Certaines molécules
comportent en plus des atomes de phosphore, de soufre, etc. Les
êtres vivants contiennent aussi une trentaine d’autres éléments
(calcium, fer, etc.).
Q :
De quoi les êtres vivants ont-ils besoin ?
R :
Les êtres vivants ont tous la même composition chimique (ADN,
protéines, lipides, glucides, etc.) et donc besoin des mêmes éléments
pour vivre. Les plantes trouvent ces éléments dans le sol et dans
l’air. En règle générale, elles prélèvent l’eau, l’azote et tous
les éléments autres que le carbone et l’oxygène dans le sol. Les
éléments prélevés dans le sol sont dénommés éléments fertilisants.
Les plantes ne les assimilent que lorsqu’ils sont présentés sous
la forme de molécules minérales.
Contrairement aux
plantes, l’homme, les animaux et la plupart des microorganismes
n’assimilent les éléments que s’ils sont présentés sous la forme
de molécules organiques.
Q :
Qu’est-ce qu’un déchet ?
R :
Le concept de déchet, lié à l’activité humaine, est largement
subjectif. Un objet peut être considéré comme un déchet par une
personne et comme une matière première par une autre. C’est par
exemple le cas pour le verre : les bouteilles vides (déchets)
jetées par les particuliers dans des containers spéciaux fournissent
plus de la moitié de la matière première de l’industrie du verre
d’emballage.
Les textes réglementaires
considèrent comme déchet « tout résidu d'un processus de
production, de transformation ou d'utilisation, toute substance,
matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné
ou que son détenteur destine à l'abandon ».
Q :
Quelle est la place des déchets dans le cycle de la matière organique ?
R :
Les déchets organiques sont, dans le cycle de la matière organique,
la part ne présentant pas d’intérêt immédiat pour l’homme.
Au début du cycle,
les plantes transforment le gaz carbonique (CO2), l’azote
minéral et l’eau en matière organique grâce à l’énergie de la
lumière solaire. Tous les êtres vivants se nourrissent, directement
ou indirectement, de la matière organique synthétisée par les
plantes. Ils la transforment pour grandir et se reproduire (une
vache transforme l’herbe en viande, en os, etc.), ils la dégradent
pour produire l’énergie nécessaire à la vie (le sucre consommé
par un sportif, etc.) et enfin ils l’éliminent.
A chaque étape,
une partie de la matière organique consommée est décomposée en
ses constituants élémentaires (gaz carbonique, azote, eau, etc.),
ce qui fait qu’à la fin elle a totalement disparu. Les constituants
élémentaires se trouvent de nouveau dans des molécules minérales ;
leur quantité totale n’a pas varié.
L’énergie de la
lumière solaire a permis aux plantes de construire des molécules
organiques complexes. Quand les molécules sont dégradées, l’énergie
est restituée sous forme de chaleur. Le bilan énergétique est
le même, que la matière organique soit brûlée ou consommée par
les êtres vivants.
Q :
Que deviennent les débris organiques dans le sol ?
R :
Le sol héberge une immense diversité d’organismes (vers de terre,
insectes, champignons, algues, bactéries, virus, etc.). Les champignons
constituent plus de la moitié de la matière vivante présente dans
le sol. Ils sont remplacés par des algues et des bactéries lorsque
le sol est gorgé d’eau. Il y a entre un million et un milliard
de bactéries par gramme de terre.
En présence d’une
quantité suffisante d’oxygène, la plus grande partie de la matière
organique présente dans le sol se décompose en moins d’un an.
Les éléments fertilisants reprennent une forme minérale. Ce processus
est appelé minéralisation. La décomposition du bois et des autres
débris végétaux fibreux est plus lente (de deux à cinq ans). Elle
donne naissance à l’humus. On parle alors d’humification.
Q :
Comment l’eau est-elle épurée ?
R :
La matière organique et les éléments fertilisants présents dans
l’eau (nitrate, phosphate, etc.) sont éliminés par des microorganismes
à condition qu’il y ait une quantité suffisante d’oxygène. Ceci
ne suffit pas nécessairement pour rendre l’eau potable car elle
peut contenir en plus des produits toxiques ou des microorganismes
pathogènes dangereux pour l’homme.
Les stations d’épuration
fonctionnent sur le même principe que l’épuration naturelle. Elles
comportent des cultures fortement oxygénées de microorganismes
spécialisés, ce qui leur permet d’épurer l’eau beaucoup plus rapidement
que dans la nature. Le processus d’épuration entraîne une prolifération
massive des microorganismes qui contribuent à former les boues
d’épuration, un nouveau déchet qu’il faut à son tour éliminer.
Q :
Qu’est-ce qu’une boue ?
R :
Une boue est un mélange d’eau et de matière solide. On distingue :
- Les boues d’épuration
provenant des stations de traitement qui collectent, par le tout-à-l’égout,
les eaux usées et les eaux de ruissellement urbaines.
- Les boues des
fosses septiques (assainissement individuel). Elles sont acheminées
vers les stations d’épuration pour y être traitées avec les autres
boues (un Français sur cinq n’était pas connecté au tout-à-l’égout
en 1999).
- Les boues industrielles
résultant du traitement des eaux usées du secteur agroalimentaire,
de l’industrie du cuir et de l’industrie du papier et des fibres.
Q :
Quelle est la composition des boues d’épuration ?
R :
La composition exacte des boues varie en fonction de l’origine
des eaux usées, de la période de l’année et du type de station
d’épuration.
Les boues sont très
riches en matière organique (50 à 70 % de la matière sèche),
ce qui favorise la prolifération des microorganismes qui se multiplient
et décomposent la matière organique. En absence d’une aération
suffisante, la décomposition libère des composés organiques nauséabonds,
de l’hydrogène sulfuré responsable de l’odeur d’œuf pourri, etc.,
ainsi que des gaz à effet de serre (gaz carbonique, méthane, etc.).
Une addition de
25 % de chaux (on parle alors de boues chaulées) bloque la
croissance des microorganismes et permet d’éviter les mauvaises
odeurs. La prolifération des microorganismes reprend quand la
concentration de chaux diminue (à la suite d’un épandage, par
exemple).
La décomposition
des boues d’épuration libère de grandes quantités d’azote (principalement
sous forme de nitrate) et de phosphore.
Les métaux lourds
représentent, en moyenne, moins de 0,15 % de la matière sèche.
La réglementation évolue avec l’efficacité croissante de la gestion
des déchets et les avancées techniques de leur traitement. La
concentration maximale autorisée tend ainsi à diminuer au fil
des années. Les projets de réglementation européenne devraient
avoir pour effet qu’en 2025 la concentration maximale autorisée
sera inférieure à celle de 1986 de 40 % pour le cuivre, le
zinc et le chrome, de 70 % pour le nickel et le plomb et
de 90 % pour le cadmium et le mercure.